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 Quelle est la position de l’Église méthodiste sur la sanctification?
(Un essai préparé d’abord pour le cours “Le coeur du méthodisme libre canadien”)

Les énoncés sur la doctrine sont révisés à différentes périodes (à mesure que l’église tente de trouver un langage plus adéquat.  Elle tente habituellement de répondre aux questions si l’église ressent le besoin de clarifier ses positions.)

Dès son début, le méthodisme libre a eu un engagement passionné d’aider les gens à connaître et à faire l’expérience de la grâce de Dieu, afin d’être transformés de plus en plus selon l’image de Christ. La manière de communiquer cette vérité a aussi évolué avec le temps, juste comme le langage et la  communication ont évolué.

En 1947 (et peut-être avant), “l’article de religion” sur la sanctification entière se lisait comme suit:

Les personnes justifiées, même si elles ne commettent pas de péché « extérieur », sont toutefois conscientes que le péché demeure dans le coeur.  Elles sont naturellement inclinées au mal, ce qui est une prédisposition à s’éloigner de Dieu et à s’attacher aux choses de la terre.  Ceux qui sont complètement sanctifiés sont exemptés de tout péché intérieur, de toute pensée mauvaise et de mauvais traits de caractère.  Aucun mauvais trait de caractère, aucun qui soit contraire à l’amour, ne demeure dans l’âme.  Toutes leurs pensées, leurs paroles, leurs actions sont dirigées par un amour pur.  

La sanctification entière prend place subséquemment à la justification, et c’est l’oeuvre de Dieu qui façonne instantanément les personnes consacrées et croyantes.  Après qu’une âme a été purifiée de tout péché, elle est alors préparée pour croître en grâce. 

En 1960,  l’énoncé avait évolué et se lisait comme suit:

La sanctification entière, ultérieure à la régénération, est l’œuvre du Saint-Esprit.  Par elle, le croyant pleinement consacré par l’exercice de la foi dans le sang expiatoire de Christ se voit purifié sur-le-champ de tout péché intérieur et rempli de puissance pour le service.  La relation qui en résulte est attestée par le Saint-Esprit et maintenue par la foi et l’obéissance.  La sanctification entière permet au croyant d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force, de tout son esprit, et d’aimer son prochain comme lui-même. Elle le prépare ainsi à croître davantage dans la grâce.  

Subséquemment, la formulation a été changée pour mettre « la foi » avant «l’obéissance » et pour enlever les pronoms masculins des croyants. Tout comme en 1974, l’article se lit  maintenant comme suit :

« Nous croyons que la sanctification entière, ultérieure à la régénération, est l’œuvre du Saint-Esprit.  Par elle, le croyant pleinement consacré par l’exercice de la foi dans le sang expiatoire de Christ se voit purifié sur-le-champ de tout péché intérieur et rempli de puissance pour le service.  La relation qui en résulte est attestée par le Saint-Esprit et maintenue par la foi et l’obéissance.  La sanctification entière permet au croyant d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force, de tout son esprit, et d’aimer son prochain comme lui-même. Elle le prépare ainsi à croître davantage dans la grâce. »

Dans les années avant la Conférence générale de 1985 de l’Église Méthodiste Libre de l’Amérique du Nord, qui englobait à ce moment-là les congrégations canadiennes,* quelques leaders méthodistes libres argumentaient que l’article n’était pas bien rédigé vu qu’il mettait l’emphase sur une « crise » identifiable en particulier plutôt que sur un historique plus équilibré du processus et de la crise.  La Commission d’étude sur la doctrine a tenté de voir si la meilleure réaction de l’église serait de recommander de changer l’article (lequel changement devrait être présenté à toutes les conférences annuelles et à toutes les conférences générales autour du monde) puisque cet article est inclus dans la Constitution.  

La Commission d’étude sur la doctrine pensait qu’il serait plus sage de laisser l’article tel qu’il est et de demander à la Conférence générale Nord Américaine d’adopter un énoncé interprétatif qui aiderait à clarifier les directions selon lesquelles cet article devrait être compris. La recommandation suivante fut adoptée par la Conférence générale Nord Américaine de 1985 (signifiant ainsi que c’était la manière de comprendre approuvée quant à cet article). 

Ainsi, vers 1985, la manière « approuvée » ou « officielle » de comprendre [de] l’article de religion sur la sanctification entière devint :  

Certaines personnes se trompent dans leur interprétation de cette doctrine.  Nous conseillons d’éviter de mettre l’emphase sur les points suivants: 

1. Présenter la sainteté comme un point distinctif sectaire plutôt que comme le grand dessein de Dieu pour chaque chrétien.

2. Décrire la sanctification entière comme étant statique (un état d’accomplissement religieux) plutôt que comme étant dynamique (une relation vivante avec Dieu, grâce à Christ, avec l’aide du Saint-Esprit).

3. Voir l’expérience de la sanctification entière comme une fin en elle-même plutôt que comme un moyen d’arriver à une meilleure fin, soit une marche vivante et sainte avec Dieu.

4. Voir la sanctification entière comme un événement dramatique unique plutôt que comme une expérience continue.

5. Définir la sainteté selon des règles (“standards de la sainteté”) plutôt que comme des attitudes du cœur (amour, foi, joie, et obéissance).   

6. Proclamer que la sainteté est une expérience ou une bénédiction personnelle sans faire référence, soit au corps des croyants ou au monde non Chrétien. 

7. Placer l’emphase sur la réalisation humaine (qui conduit au péché du légalisme) plutôt que sur la grâce de Dieu. 

L’Article XIII [actuellement dans Le Manuel au ¶119] décrit spécifiquement la sanctification entière.  Cela doit être compris dans le contexte de la doctrine plus élargie de la sanctification.  On devrait donc toujours garder en tête les points suivants :

1. Tous les aspects du changement de vie reliés à la croissance pour devenir comme Christ font partie de ce processus divin de sanctification dans la vie du croyant.

2. La sanctification entière est un événement significatif  dans ce processus.

3.  Le processus de sanctification continue subséquemment à la sanctification entière et il est rehaussé par de nouvelles dimensions d’amour saint dans nos relations avec Dieu et avec notre prochain.  L’évidence ultime de la vie sanctifiée est la qualité des relations présentes du croyant avec Dieu et les hommes


Après que ce rapport fut adopté, l’Église méthodiste libre au Canada devint elle-même une conférence générale en 1990. La formulation de 1974 fut ainsi acceptée comme notre propre héritage. Cependant, des conversations informelles et formelles sur le besoin du changement de la constitution actuelle qui serait à la fois fidèle à la Bible et plus claire pour nos contemporains continuaient à avoir lieu.

En même temps, l’Église méthodiste libre des États-Unis a continué de se demander comment présenter cette grande vérité tout en restant  fidèle aux Écritures et à notre héritage wesleyen.  En 1999, leur Commission d’étude sur la doctrine a présenté le rapport suivant, qui aidera à comprendre cette doctrine grâce à une explication plus contemporaine. Ils avaient toujours une conviction que si un petit changement serait apporté à la constitution, ça  pourrait suffire à ce moment-là. 

LA SAINTETÉ

Toute communauté de foi, soutenue par une tradition vivante, doit périodiquement reformuler cette tradition pour ses membres.  Les nouvelles générations et les circonstances qui ont changé exigent que les principes de base de la communauté soient expliqués de façon nouvelle.  L’Église méthodiste libre (ÉML) doit maintenant reformuler sa compréhension de la sainteté et renouveler sa passion à ce sujet.

Comment comprendre et promouvoir une vie sainte a été un souci récurrent de l’église à tous les niveaux.  Entre les conférences générales de 1979 et 1989, la Commission d’étude sur la doctrine a débuté une nouvelle analyse sur la sainteté.  Plus de 40 documents provenant d’érudits au sein de l’ÉML aussi bien que du mouvement wesleyen élargi ont été reçus et discutés.  Ces documents couvraient un éventail de questions incluant :  la signification biblique et théologique de termes clef relatifs à la sainteté (i.e. sanctifier ou rendre saint et les termes qui y sont reliés, le péché, la perfection); l’exégèse des textes traditionnels sur la sainteté; les implications de la théorie de développement pour la théologie et l’expérience de la sainteté; la prédication de la sainteté dans les cultures non occidentales;  et le point de vue de John Wesley sur la sainteté et son développement dans le mouvement de sainteté américain.

La Commission d’étude sur la doctrine (CESD) a étudié ces deux documents et, avec le temps, elle a chargé l’évêque emeritus, Elmer Parsons, de préparer le document « Living the Holy Life Today » (vivre une vie sainte aujourd’hui).  Ce document est devenu une partie du rapport de la CESD à la Conférence générale de 1989.  Il a été chaudement reçu et subséquemment publié sous forme de pamphlet pour être distribué dans les églises.  « Living a Holy Life Today » offre un excellent compte-rendu de notre héritage sur la sainteté et continue de bien servir l’église.  Toutefois, le passage du temps suggère qu’il serait approprié qu’on traite à nouveau ce thème. 

Depuis la publication de Living a Holy Life Today, CESD a proposé, et la Conférence générale de 1995 a adopté une approche différente pour les membres de l’ÉML.  Cette nouvelle approche concernant  les membres signale aussi le bien-fondé de reformuler notre message sur la sainteté, pour plusieurs raisons.

Premièrement, nous avons identifié la sainteté comme étant “le grand commandement de notre communauté” et nous encourageons fortement nos membres à “demander à Dieu de leur donner une vision renouvelée et claire de la sainteté qui rapprocherait la présence de Dieu des gens de notre temps ».  (Discipline, ¶352.1).   Alors que cette “demande” assume la forme d’une pétition anticipant une réponse de Dieu, la CESD, voit à juste titre son service envers l’église comme une des façons que Dieu peut répondre à cette pétition.

Deuxièmement, nous avons formulé nos procédures d’adhésion des membres selon l’Ordo Salutis wesleyen, ou le processus par lequel Dieu accomplit son œuvre de salut chez les humains.  Nous tentons d’encourager les personnes à se joindre à nous sur « le chemin de la sainteté. »  Maintenant, quelques directives décrivant la façon de faire et le ressourcement concernant ce voyage seraient une chose normale et utile pour  la prochaine étape.

Troisièmement, nos procédures concernant l’adhésion des membres prévoient un ethos corporatif qui accueille les pécheurs et les intègre dans une fraternité rédemptrice et les aide à changer, le tout conduisant à une vie sainte.  Le changement d’éthos que nous envisageons sera clarifié et encouragé en revisitant et en reformulant notre enseignement sur la sainteté. 

C’est pourquoi nos procédures révisées d’adhésion des membres suggèrent une nouvelle rédaction.  L’état actuel de la théologie et de l’expérience de la sainteté chez nos gens le suggère aussi.  Nos approches traditionnelles, telles qu’elles sont généralement comprises, ont trop mis l’emphase sur l’expérience humaine, spécialement sur les questions de style de vie et de conduite qui ont été importantes pour nous, historiquement et culturellement, mais elles n’ont pas assez mis l’accent sur les exemples bibliques de sainteté.  Conséquemment, dans certains quartiers, l’enseignement de la sainteté a contribué à une vision légaliste de la vie chrétienne.  C’est précisément cette vision que nous espérons corriger en utilisant une approche différente de l’adhésion des membres.  De plus, nous avons aussi trop mis l’accent sur les mécanismes de la sainteté (i.e. notre formule en deux étapes, plaçant la plus grande emphase sur le fait d’aller de l’avant et de faire l’expérience de « la deuxième œuvre définie ») et pas assez sur la signification de la sainteté.  Conséquemment, l’enseignement de la sainteté a contribué à une vision mécanique et statique de la vie chrétienne.  Cette dernière façon de voir est une autre chose que nous espérons corriger en révisant les procédures d’adhésion des membres. 

Ce sont malheureusement nos perceptions du message sur la sainteté qui lui ont fait perdre notre faveur.  Beaucoup de pasteurs et de personnes laïques diront qu’ils ne comprennent pas ce sujet, que nos explications n’ont pas de sens, ou que ça ne fonctionne pas.  David McKenna écrit, « Dans une étude non publiée rapportée à la convention annuelle de la Christian Holiness Association, les résultats d’un sondage démontraient qu’un pourcentage élevé de personnes dans les églises de la sainteté qui ne comprenaient pas ou n’avaient pas fait l’expérience de la doctrine bannière de la sanctification entière.  Un autre pourcentage élevé de collèges proclamant la sainteté n’enseignait pas cette doctrine et un plus haut pourcentage encore des jeunes ne comprenaient pas, n’expérimentaient pas, ou n’acceptaient pas cette doctrine »  (A Future With a History), Light and Life  Communications, 1997, pp. 64-65).

Tous ces facteurs, le passage du temps, les nouvelles procédures pour l’adhésion des membres, l’état actuel de la compréhension de la sainteté et de cette pratique parmi nous, ainsi que la présence tragique de l’impiété autour de nous, nous suggèrent d’aider nos gens à comprendre le cœur de l’appel biblique à la vie sainte et d’offrir des directives sur le chemin qu’ils devraient suivre.

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Nous offrons donc à l’église l’essai suivant, “The Holiness We Pursue,” qui a été écrit pour la CESD, par David Kendall.  Grâce à cet essai offert à l’église, nous attirons l’attention particulièrement sur quatre caractéristiques de notre message sur la sainteté.  

[Note:  Subséquemment, l’oeuvre de Kendall a été publiée en tant que livre “God’s Call to be like Jesus:  Living a Holy Life in an Unholy World (Light and Life Communications, 1999).

La sainteté que nous recherchons

Premièrement, nous tentons de fournir un compte-rendu simple et clair sur l’essence de la sainteté que les méthodistes libres recherchent.  Grâce à ce compte-rendu de notre « vision », nous encourageons nos gens à affirmer le caractère biblique de la sainteté et à faire de cette vision la base de leur vie de chaque jour.  En faisant cela, nous avons confiance que si nous cherchons le Dieu qui partage cette même vision, Il accomplira Son œuvre gratuite dans nos vies. 

Deuxièmement, nous présentons la poursuite de la sainteté à l’intérieur d’une compréhension wesleyenne du processus du salut.  Selon cette façon de comprendre, la sainteté n’est pas un « ajout » à notre foi, ni une option que nous pouvons choisir pour complémenter « la trousse de départ ».  C’est plutôt que, depuis le début même, soit notre réveil spirituel, Dieu travaille de façon à nous rendre saints.  Nous sommes attirés à participer à une relation qui est dynamique, non pas pour atteindre un « état » ou même grimper dans l’échelle spirituelle d’une marche à l’autre.    

Troisièmement, nous affirmons que la nature de la théologie wesleyenne et la vision biblique de la vie sainte font de ce  processus la réalité primordiale ou de base pour la vie chrétienne.  La crise, quoiqu’elle soit indispensable, est subordonnée au processus.  L’Ordo éclaircit cela.  Le tout débute, non pas simplement avec la crise, mais avec l’initiation du processus de réveil et de mouvement vers Dieu.  

À l’intérieur de l’Ordo, en fait, même la crise de conversion (justification, régénération, sanctification initiale), si elle est absolument essentielle, est subordonnée au processus.  La grâce n’est pas irrésistible, et la responsabilité humaine continue à travers la vie du croyant.  La conversion conduit donc à une relation dynamique.  Sinon, on peut se demander s’il s’agit d’une vraie conversion.  Si la conversion, en tant que crise, est subordonnée à un processus global, il est alors certain que la crise de la sanctification entière l’est aussi.

Le fait de maintenir la primauté du processus sur la crise ne minimise pas la portée de la crise.  Cela clarifie plutôt son contexte et nous protège contre une vision statique et non wesleyenne de la vie chrétienne.  Les expériences de crises se retrouvent partout dans la Bible et on doit donc s’y attendre.  De plus, la nature humaine est telle que le développement moral et spirituel exige presque toujours des crises.  Les récits bibliques et l’expérience humaine nous font donc anticiper le rôle clef de la crise durant ce processus de développement et d’intensification du caractère saint et d’une vie sainte pendant une vie entière. 

Quatrièmement, nous soulignons la nature exhaustive de la vie sainte.  Notre poursuite et notre expérience de la sainteté sont reliées à toutes les facettes de la chrétienté biblique.  Deux de ces facettes méritent particulièrement notre intérêt.  La première est la connexion entre la vie sainte et l’église en tant que communauté du peuple de Dieu.  C’est seulement lorsque la communauté de croyants sert de ressource vivante et puissante aux chrétiens individuels qu’on peut s’attendre à ce que la sainteté grandisse.

L’affirmation wesleyenne qui dit qu’il n’y a pas d’autre sainteté que la sainteté sociale nous amène à conclure que les gens ne deviennent pas, ni ne peuvent devenir bibliquement saints, en tant qu’individus seulement.  La communauté nous aide à agrandir notre compréhension de la sainteté; elle nous supporte sur le chemin de la sainteté.  De la même façon, la communauté doit nous tenir responsables de nos aspirations à la sainteté.  Nous avons succombé à l’individualisme de notre culture à un point où il s’agit du péril de nos âmes.

Une deuxième connexion cruciale est celle qui se trouve entre la sainteté et la mission ou le ministère.  L’Esprit de Dieu habite le saint peuple de Dieu et leur donne la puissance nécessaire aussi bien pour être comme Jésus et accomplir son œuvre.  Nos aspirations vers la sainteté doivent nous amener à nous joindre ensemble pour aimer Dieu et notre prochain et aussi accomplir la Grande Commission. 

Voici le sommaire de la vision de David Kendall, puis d’un membre de la commission d’étude sur la doctrine (CESD), sur comment on pourrait reconnaître une vie sainte aujourd’hui (tiré de son livre, God’s Call to Be Like Jesus: Living a Holy Life in an Unholy World (Light and Life Communications, 1999), pp. 188-189.

“Dieu est à l’oeuvre pour créer la communauté dont nous avons besoin… une nouvelle génération de chrétiens: 

– des personnes qui sont émerveillées parce  que Dieu nous montre qu’il est à l’œuvre à travers Jésus. Ces personnes  ont de la peine à croire combien Dieu les aime profondément et  elles sont incapables de ne pas l’aimer en retour;

– des personnes qui ressentent le pardon non mérité de Dieu ont le réflexe de réagir envers Dieu et les autres qui ne méritent pas  l’amour de Dieu  mais à qui cet amour est quand même offert;

– des personnes qui ont donc faim et soif de Dieu pour recevoir plus de lui et dont l’appétit est satisfait par Dieu;

– des personnes qui se  confient à Jésus et qui se trouvent maintenant orientées vers Dieu, et les autres qui désirent être comme lui ;

– des personnes dont la dépendance envers Dieu les conduit à apprécier la famille que Dieu leur donne en Jésus et à se fier à elle, qui découvrent combien profondément elles ont besoin de cette famille pour continuer à suivre Jésus, même au prix d’un grand sacrifice, du service, et des souffrances, afin de faire ce que Jésus ferait;

– des personnes qui savent qu’elles ne pourraient jamais être ou jamais faire ce que Dieu les appelle à faire, et pourtant, elles en sont capables parce que Dieu les remplit de puissance par son Esprit;

– des personnes dont les anciennes blessures sont visiblement en train de guérir, dont les relations révèlent une beauté et un attrait que beaucoup de gens affamés d’amour et tachés par le péché autour d’eux trouveront irrésistibles.

Il semble que nous ayons le droit de penser que parmi des personnes comme celles-là, des chrétiens orientés vers la consommation devraient être capables de voir combien leurs poursuites sont triviales si on les compare à suivre Jésus.  Certains d’entre eux pourraient développer une passion et vouloir être tout ce que Dieu veut qu’ils soient, et commencer à être heureux comme jamais auparavant dans leur vie. 

Il semble aussi correct de penser que parmi de telles saintes personnes, les personnes blessées, dépendantes des drogues et déçues de notre monde verront la vraie façon de vivre qui contient une promesse de guérison, de liberté, et de paix.  Et il n’y a aucun doute que certaines d’entre elles deviendront des personnes toutes nouvelles!

Dans les années qui ont précédé la Conférence générale canadienne de 2002, une proposition d’un nouvel Article de Religion sur la sanctification était développée au Canada. Au mois de mai de cette même année, les membres de deux commissions d’étude sur la doctrine (venant des États-Unis d’Amérique et du Canada) se sont rencontrés pour discuter et finaliser les recommandations qui avaient été formulées au Canada. 

Le résultat de la proposition sur la sanctification fut présenté à la Conférence générale canadienne de 2002. Elle était approuvée à l’unanimité et référée à la Conférence mondiale de l’Église Méthodiste Libre. C’est alors en 2003, que la Conférence générale des États-Unis (y compris les délégués de ses conférences annuelles au-delà des États-Unis d’Amérique) a approuvé par la majorité écrasante une proposition similaire qu’elle envoya aussi à la Conférence mondiale.

La Conférence mondiale de l’Église Méthodiste Libre qui s’est rencontrée à Harare au Zimbabwe, en novembre 2003, a discuté les nouveaux énoncés et les a référés au conseil des évêques pour plus de raffinement et a donné le pouvoir aux évêques de soumettre la formulation au référendum pour être discutée et votée par toutes les conférences générales.

En 2010, il a été annoncé par la Conférence mondiale que le nouvel Article de Religion suivant avait été approuvé au vote par référendum autour du monde. Il se lit comme suit :

¶119    SANCTIFICATION
La sanctification est l’œuvre salvatrice de Dieu qui commence avec une nouvelle vie en Christ par laquelle le Saint-Esprit renouvelle son peuple d’après la ressemblance de Dieu, en le transformant par la crise et par le processus, d’un degré de gloire à un autre, et en le conformant à l’image de Christ.

Alors que les croyants s’abandonnent à Dieu par la foi et meurent à eux-mêmes par une consécration totale, le Saint-Esprit les remplit d’amour et les purifie du péché. Cette relation sanctifiante avec Dieu guérit l’esprit divisé, ramène le cœur à Dieu et donne aux croyants le pouvoir de plaire et de servir Dieu dans leur vie de tous les jours.

Ainsi, Dieu affranchit son peuple pour L’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force, et d’aimer son prochain comme lui-même. 

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